• Voici l'intégralité d'une discussion sur ce diagnostic que j'ai eue avec d'autres orthophonistes sur un groupe FB qui s'intitule Orthophonistes et TED. Ce fichier figure aussi dans les fichiers de ce groupe car le problème des groupes FB, c'est qu'il est très difficile de retrouver des discussions intéressantes qui ont pu se passer. Si vous avez quelque chose à rajouter, je peux le faire. Commentez cet article et j'ajouterai vos commentaires à la discussion.

    J'avais aussi écrit un mini-article sur le trouble sémantique-pragmatique.


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  • Question que j'ai déjà lue sur Facebook et/ou sur un yahoogroup et qui nous a aussi amenées à un débat au sein de mon boulot : parle-t-on de dyslexie quand l'enfant a une dysphasie ? Pour Casalis et al., c'est non même si eux se placent du point de vue inverse : on ne peut pas parler de dyslexie s'il y a un trouble du langage oral, ce qui est logique : un trouble spécifique touche la lecture et c'est tout. Cependant, c'est plus compliqué que cela. Dans notre nomenclature, il y a deux bilans séparés de langage : langage oral et langage écrit, ce qui fait que de nombreux enfants dyslexiques n'ont jamais bénéficié de bilan de langage oral, donc, ne peuvent pas avoir de diagnostic de dysphasie. Cela pourrait sembler logique : je ne fais un bilan de langage oral que s'il y a plainte ou si j'entends en conversation des déformations. Après tout, la dysphasie est un trouble sévère qui ne devrait pas avoir besoin de tests pour être repérée. Ici, intervient la définition de la dysphasie : c'est quoi ? Un TSLO à l'anglo-saxonne ? Ou un trouble sévère et déviant à la francophone ? D'ailleurs, pour la petite histoire, quand on a cherché, pour ce mémoire, des dyslexiques sans trouble ou histoire de trouble du langage oral, on a eu du mal à les trouver !

    Maintenant si on se place du côté des dysphasies, lorsqu'on regarde les études, on sait qu'une très grande majorité de dysphasiques a un trouble de la lecture et encore plus de l'orthographe, et donc, beaucoup plus que les enfants typiques. Donc on n'est pas dans une simple comorbidité. Pour moi, c'est non, on ne parle pas de dyslexie chez les enfants dysphasiques, sauf... Si le trouble de la lecture semble lié à un déficit cognitif sous-jactent autre que la phonologie, comme pour le déficit visuo-attentionnel car là, il n'y a aucune raison que les dysphasiques aient des difficultés dans ce domaine contrairement à la phonologie. Un chapitre très intéressant sur les liens entre les deux pathologies avec l'idée des facteurs aggravants et protecteurs dans ces livres : et ici.


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  • qui me fait mal aux oreilles ou aux yeux, selon la modalité dans laquelle je le reçois ... Les "bilans étalonnés"... Je me souviens que sur une liste de Yahoogroupes, il y avait eu un message qui allait dans mon sens.

    Un bilan ne peut pas être étalonné. Un bilan, c'est un acte orthophonique qui comprend une anamnèse, la passation de TESTS ETALONNES, l'analyse et l'interprétation des résultats, la transmission au patient et le cas échéant à la famille et la rédaction d'un compte-rendu. La programmation de la rééducation orthophonique, on peut débattre sur le fait de la mettre dans le bilan ou dans la rééducation...

    Donc, de grâce, on ne passe pas "un bilan étalonné" mais des tests étalonnés.

    Un autre débat... pendant mes études (au siècle dernier ;), on nous disait que le terme "bilan" n'était pas vraiment approprié et c'est vrai que c'est un peu fourre-tout et on nous proposait "examen du langage". Il est vrai que je préfère utiliser cela mais bon, l'usage est répandu et notre nomenclature est ainsi rédigé.

    Et vous, qu'utilisez-vous ?

    C'est la première fois que vous venez sur le blog ? Un document pour vous aider à voir ce que vous pouvez y trouver dans ce billet.


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  • En privé, on m'a posé une question sur ce syndrome. Je me suis dit que cela pouvait intéresser d'autres collègues ...

    Dans la classification de Rapin reprise par Gérard, il existe ce syndrome qui comme son nom l'indique, touche la pragmatique, c'est-à-dire l'utilisation du langage en contexte (si on résume rapidement) alors que les autres types de dysphasie touchent la forme. En 2000, Dorothy Bishop, grand nom de la dysphasie (ou plutôt du SLI) (voir ) écrit un article dans lequel elle remet en cause le fait de classer ce trouble dans les dysphasies. Elle propose alors le terme de "trouble pragmatique du langage" qui serait un trouble entre les dysphasies et les TED. Et c'est sur ce syndrome que porte le très bon livre de Marc Monfort (un autre spécialiste) qui s'appelle les troubles pragmatiques de l'enfant. Si vous vous intéressez à ce syndrome, je ne saurai que vous recommander de lire ce livre où le diagnostic, notamment différentiel avec les TED (et l'explication en français de l'article de Bishop), est bien détaillé. Une critique rapide de ce bouquin .

    Queston subsidiaire : Et toi, Fany, as-tu déjà rencontré des enfants avec de tels diagnostic ?

    Au centre de référence où je travaillais, une, une fois. Aujourd'hui, dans la structure où je travaille, on se pose la question pour un enfant. Et vous ? En avez-vous rencontrés ?


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  • Actuellement, je retravaille sur la formation sur les dysphasies en prévision de celle que je vais donner à Epinal pendant les vacances de la Toussaint. Une question revient souvent sur tous les endroits où on peut discuter entre orthophonistes sur Internet (les groupes yahoo ou Facebook, voir et ), c’est «  y a-t-il des tests spécifiques pour les enfants dysphasiques ?».

    Pour moi, tout dépend de ce l’objectif qu’on s’est fixé pour ce bilan. Il y a le bilan initial, de première ligne, celui qu’on fait quand on ne connait pas l’enfant et qu’on veut cerner la plainte et savoir si on va le prendre en rééducation ou pas. Pour ce genre de bilan, des batteries de screening peuvent suffire, comme l’ELO ou l’EDA. Ce bilan qui peut être assez rapide peut « tenir » dans le temps imparti par la sécurité sociale.

    Par contre, si on connaît déjà l’enfant, qu’on veut affiner notre diagnostic orthophonique, déterminer le plan de rééducation et qu’on soupçonne une dysphasie (ou un TSLO), il faut des tests plus précis qui permettent une analyse fine qualitative. Les items doivent être donc suffisamment nombreux afin de savoir par quoi on commence (cf. par exemple les progressions pour la morphosyntaxe). Par exemple, l’ELO ne suffit pas pour la phonologie car il n’y a que de la répétition. L’expression morphosyntaxique de la N-EEL n’est pas assez fournie en items.

    En résumé, il n'y a pas de test spécifique pour le diagnostic de dysphasie. Par contre, il faut utiliser des batteries et/ou des tests suffisamment fournis.

    Et vous, comment procédez-vous ?

    Ajout le 29/09 : pour vous aider dans vos CR, il y a cet article. Pour un bilan complet, il y a celui-là.


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